Pendant le Swissfaircrawl, je me suis retrouvée à suivre Julia, une des instigatrices du projet the fair traveller, avec ma caméra, pour la filmer ainsi que tous les fairspots rencontrés à travers la Suisse. Notre équipe était celle qui avait la chance (vu la météo) de se déplacer en transports publics. Nous sommes de fait l’équipe qui s’est retrouvée le plus au fond de la « Suisse profonde », en enchaînant les trains, (de l’intercity à l’interregio), les cars postaux, les petits bus et même un téléphérique. L’idée n’est pas de faire ici l’apologie du réseau de transports publics, qui, il faut bien l’avouer, est plutôt bien foutu en Suisse. Certes, le prix du billet pique souvent un peu les yeux, mais il faut reconnaître que l’on peut aller quasiment partout facilement, même à Hof Zuort, l’ « auberge la plus éloignée de tout », près de Ramosh (si, si, Ramosh) aux Grisons.

Etant aussi une grande adepte de voyages à vélo, j’avais à cœur de dédier ce post au mélange de deux types de transports que j’affectionne : le train et le vélo, autrement dit le vélo dans le train. Après (ou avant, c’est selon) une belle balade à vélo de plusieurs jours, sauvage et dépaysante, on se retrouve en effet souvent à devoir rentrer en train, manque de temps oblige. Et c’est là que les choses se corsent.

J’ai depuis le temps appris à gérer la jungle des ICN, RE et autres IR, et j’aimerais partager quelques infos indispensables avec vous.

Prendre le train avec toutes les affaires de vélo (sacoches, casques, chaussures de vélo qui glissent, et vélo, oui) c’est compliqué, surtout dans les ICN où sont installés des places payantes pour vélos. La montée dans le train reste souvent un moment épique, où l’on découvre parfois la nature profonde de ceux qui nous accompagnent, souvent à grand renfort d’injures/insultes. Retenons quelques astuces : si l’on est seul, préférer la montée en un seul morceau dans le train, les sacoches sur le vélo, le casque sur la tête et les chaussures aux pieds. Si l’on est plusieurs, mieux vaut effectuer une division des tâches, selon la musculature de chacun : le-la plus fort-e s’occupera des vélos, et le-la plus fluet-te s’occupera des sacoches. Si vous avez préféré l’option charrette aux sacoches, alors là, tout seul, vous êtes suicidaires. Mieux vaut demander à un quidam de vous prêter main forte.

A noter que les crochets pour suspendre les vélos deviennent quasiment impossibles à viser une fois le train en marche, et que de la réservation est obligatoire dans les ICN du 21 mars au 31 octobre.

Une petite astuce encore : les CFF autorisent le transport du vélo dans un housse en tant que bagage, avec la roue avant enlevée. Vous pouvez acheter la housse pour une centaine de francs, mais je vous conseille une solution DIY. Avec un tissu quelconque (par exemple un vieux hamac en toile de parachute), une machine à coudre et du velcro, il est possible de fabriquer une housse solide et légère, que vous pourrez transporter durant votre voyage à vélo sans surpoids.

Vous pouvez par ailleurs vous informer de la composition du train et du secteur contenant les places pour vélo sur l’horaire en ligne (cliquer sur le symbole +) ou sur l’application mobile (symbole >) au moins trois heures avant la venue du train. Ceci permet d’éviter de courir le long du quai, la housse contenant les vélos dans les bras, les chaussures qui glissent aux pieds et le casque qui tombe sur les yeux (véridique).

Un élément à savoir si vous souhaitez voyager avec votre vélo ailleurs qu’en Suisse, c’est que c’est souvent encore plus compliqué et que cela dépend souvent du zèle exercé par les contrôleurs-euses. Sachez que le vélo est strictement interdit dans les ICE allemands, malgré sa housse, comme nous l’avons appris à nos dépends en nous faisant expulser à 7h du matin de notre train nous menant au Danemark. Les cyclistes sont supposés prendre les petits trains régionaux et mettre trois fois plus de temps pour arriver à destination. Alors, il faut soit se plier à cette règle ségrégationniste du vélo, soit compacter au maximum votre vélo, c’est-à-dire en détachant les deux roues, le cadre et le pédales pour rendre le tout le plus compact possible.

Les pays nordiques (Suède et Norvège du moins) ne sont pas mieux lotis, et les réservations sont souvent obligatoires au risque de ne pouvoir prendre le train, ce qui s’avère galère lorsqu’un changement laisse peu de temps.

En résumé, mettre son vélo dans le train requiert une bonne organisation, surtout lorsque l’on souhaite traverser divers pays, et une bonne capacité à remonter son vélo une fois que celui-ci a été séparé en morceaux. Fraiche co-propriétaire d’un tandem, j’ai appris que les CFF ont interdits récemment les vélos plus longs de 2 mètres dans les ICN. Ca promet !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sarah Waeber

Author Sarah Waeber

Studies anthropology, pedals, works, reads a comic book, goes for a trip, climbs, films, ouf!

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  • Hélène Robert says:

    Salut Sarah, intéressants ton article là. Ca m’etonne que les suédois sont plus strictes – il faut annoncer chaque fois tu veux prendre le train avec les vélos? C’est pas evident car souvent en voyage de vélo c’est difficle a plannifier au point de décider quel train à prendre à quelle moment exact.

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