Rats des villes ou rats des campagnes?

Les lowcosts, Easyjet en tête nous charment avec des prix toujours plus attractifs pour des destinations nouvelles en Europe et devenues quasi-exotiques pour nous autres suisses. Barcelone, Berlin, Londres, Prague, Budapest, Dortmund en sont quelques exemples. La renaissance des villes en tant que destinations touristiques est essentiellement due à ce changement du rapport à l’avion et à l’illusion que nous avons que c’est facile et cool de voler!
Avant Easyjet et les autres lowcosts, il fallait débourser 300-500.- pour aller à Paris ou Berlin en avion et désormais on se plaint quand le “lowest fare, return” est de plus de 100.- Alors quoi? Genève – Londres: 1h10. Porte à porte? 4-5h au minimum! Peut-être même bien plus lorsqu’on habite hors des villes et que le vol a du retard (non non ça n’arrive jamais, ou alors qu’aux autres!). 10 heures de trajet pour un week-end, des hôtels ou Airbnb à booker et évidemment des soirées, restos, cafés et shopping. D’accord il n’y a rien à vendre en Suisse, c’est cher et on est parfois mal servi… Mais bon, y a des limites.
Evidemment quand on revient, on est crevé, on a mis une bonne partie des dépenses sur la carte de crédit et on fait le vrai bilan. Rien d’économique, rien de reposant et en plus on peut se taper une petite (grosse?) dépression du lundi matin comme on les aime! Mais… On a acheté un max de trucs en tous genres, on a pris plein de photos et a décompressé ! On fait partie de la génération Y (aka Millennials) et on kiff la life (un peu has been comme expression je vous l’accorde!), on est dans la Sharing Economy car on prend un Airbnb, on commande un Uber et on écoute Spotify!
Avec ça on fait des théories de retour aux sources et de consommer mieux, on se pose des questions sur le sens de notre vie et on veut de l’authentique, du local, du lien avec les gens et un raccourcissement des chaînes d’approvisionnement… On s’offusque lorsqu’un scandale éclate et puis on oublie gentiment mais surement… On veut créer sa société et être son propre chef, créer du sens et pourquoi pas être au coeur de l’attention comme ayant réussi, version 2016!
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Une chose aussi étonnante que paradoxale est la raison pour laquelle on aime cette économie du partage ou économie collaborative! Dans la majorité des cas, on peut se demander si ce n’est pas une apogée du capitalisme version bisounours! Pour quelle raison voulez vous utiliser les services de partage? Pour certains, par idéal, ils sont rares mais ils existent alors bravo à eux, pour la majorité, pour payer moins et dépenser l’économie réalisée dans autre chose (pas toujours quelque chose de vertueux)! Tout simplement. En plus, la théorie du “winner take all” est plus vraie que jamais… 95% à l’un, les miettes aux autres. C’est vrai que c’est devenu plus équitable!
Si l’on veut retrouver du sens, consommer local et aller dans des lieux authentiques, on a la possibilité d’ouvrir sa porte et aller frapper chez son voisin ou chez l’artisan du coin. Voyager chez nous et aller se fournir chez un producteur avec de vraies valeurs. Entre la parole et les actes, il y a parfois un fossé que seule la conscience peut combler. Il existe bon nombre d’initiatives qui vont dans ce sens mais lorsqu’il s’agit de les soutenir, on a tous de bonnes excuses de ne pas le faire. “prouve-moi que ça va marcher”, “C’est très bien ce que tu fais mais comment vas-tu faire de l’argent”, “super idée! Mais… pas pour moi”, et quoi? Et rien…
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On est tous paradoxal entre nos idées et nos actes, moi le premier, mais y réfléchir est le début du changement et agir plutôt qu’attendre est la première marche à franchir avant les suivantes. Voyager en Suisse et découvrir notre pays et ses magnifiques paysages de campagne ou de montagne est un acte que beaucoup ont oublié! Prenons parfois le risque (quel risque?) de voyager chez nous au lieu de fuir autre part.
 
the fair traveller encourage le changement en proposant aux acteurs du tourisme de développer un tourisme durable et de proximité en Suisse d’une part et de donner des idées d’évasion aux rats des villes que nous sommes devenus, proche de chez nous! Nous prenons le parti de laisser les critères quantitatifs de coté et de parler au bon sens et à la qualité de l’échange. Pour soutenir ce projet, on peut suggérer un lieu qui agit, l’encourager à communiquer et être transparent ou relayer le message à son voisin… Ca ne coûte rien et ça fait du bien!
Alexandre Roch

Author Alexandre Roch

I was born in Geneva and always interested myself in different ways to live and think. I am sure that a more respectful economy can exist without lowering our happiness and that tourism can be more participative and respectful. After my study in Environmental Engineering at EPF Lausanne and ETH Zürich I took part in entreprenarial projects and co-founded the fair traveller project.

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Join the discussion 4 Comments

  • Julia Beyer says:

    I’m really impressed to hear a Swiss talking so frankly about this overconsumption in travelling. Staying in Switzerland and going to discover all the beauties and cultural heritage it has to offer isn’t cool enough apprently. It’s even so divers, different languages, different landscapes !
    I also did an overdose of travelling this year, not for fun though. Having a distance realationship forced me to thousands of kilometers by plane and car, but finally we managed to settle back into Lausanne, and I can’t say how happy I am to focus on the closeby destinations now …
    for me fair travelling is not only about the right fairspots – allthough that’s a big part I admit – that will make you consume much less and muhc better, it’s also about taking the time to discover a new place. It helps to got into fairspots and talk to the entrepreneurs, but you can not get around planning a minimum of length for your stay. Easyjet weekends are just not that “easy” …

  • Franco Gamarra says:

    Salut thefairtravellers! je suis tout d’accord avec cette pensé du voyage! A cause des bons prix de billets des lignes lowcost, on a la tendance de partir loin, pour une durée très courte et plutôt en villes. On a la chance ici en Suisse d’avoir de paysages incroyables tout à coté de chez nous (on met juste 3 heures de train pour arriver au Grisons depuis Zurich, où on trouve le parc national suisse, un des endroits le plus beau par ici!). On oublie parfois que à coté de chez nous il y a aussi de musées, salles de théâtres, observatoires, et chemins randonnées qui sont pas exclusivement faites pour les touristes. Je vous invite à apprécier plus et découvrir les entourages de chez nous d’abord pour devenir des bons ambassadeurs quand on décide d’aller plus loin.

  • Hélène Robert says:

    Hi Alexandre – as a student I’m a low-budget traveller I usually am obliged to opt for travelling by plane – even thought I’d prefer to take the train. But unfortunately the price for trains can even be up to double compared to flights.

    Reflecting on my travels this summer (inspired by Julia’s comment) – this summer especially I’m REALLY embarrassed at how much I’ve travelled, especially as I do go to extra efforts to live an ‘environmentally friendly’ lifestyle (cycling, public transport, recycling, studying environmental issues, buying organic/local etc). In five months I took the plane 7 times:

    1) Switzerland to participate in the ‘swiss fair crawl’, promoting sustainable tourism,
    2) Flew back to Sweden to work on my master project in sustainability in international development (participative water mgmt)
    3) To Jordan to do my field research
    4) To Ukraine to write my thesis and spend time with my boyfriend
    5) Back to Sweden to finish my thesis, defend, graduate
    6) Few to Norway for a hiking holiday
    7) Back to Ukraine to set up base here

    … and hopefully not fly for a while. Reflecting on this and the amount of CO2 emissions has really got me thinking here – about how to do things otherwise. Prioritising domestic travel via train?

    Anyway, I think this reflection here is the first step to making change – for me. But I still wonder, to what extent, in this increasingly globalised world, are we willing to sacrifice convenience for the sake of the environment?

  • Merci à vous tous pour vos commentaires et remarques! Eh oui, on essaye de faire les choses en conscience mais pas toujours facile d’y parvenir, l’essentiel est d’essayer! Je pense que de voyager de manière durable et de développer un tourisme plus responsable est un bon élément de réponse à certains problèmes dans cette industrie en Suisse!

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