C’est ce qu’on s’était dit un samedi matin, profitant d’un temps mort pour prendre … tout notre temps … et finalement prendre une seule décision. Prendre le bateau pneumatique à la cave, et descendre à la plage d’Epesses, qui se trouve juste en dessous de la gare ferroviaire.

Une fois là bas, force était de constater qu’il y avait passablement de monde, et que nous avions probablement pas envie de revenir sur cette plage. Après quelques pataugeages sur le lac, on se lance donc dans une expédition pour atteindre Cully, pensant peut-être trouver une plage entre les deux. Mais en fait, Cully, c’est vraiment pas loin. Donc pas de plage. Par contre, faire avancer un bateau sur un lac mouvementé, avec des rames des plus rudimentaires possibles, c’est un vrai défi.

Du coup la nage semblait une meilleures alternative, l’eau était plutôt chaude en cette fin d’août, entre autre grâce à la canicule qui a sévit en juillet.

En moins de deux heures, nous voilà – déjà – à Cully, et après avoir vidée et replié le bateau dans son sac ikea, on “remonte sur terre”. Quel changement … il fait beaucoup plus chaud, et on la place d’armes et remplie d’enfants joyeux et de BBQ. Au coin, un petit cabanon laisse s’échapper des notes de musique fort sympatique. Du bon vieux blues, quelle surprise. Finalement, vu qu’on a plus rien de prévu, on se laisse volontiers invité pour un verre de vin, par les messieurs occupants la table devant la cabane.

Il y a là entre autres, Pierre-Alain, pécheur et amateur de bonnes musiques, et son ami, vigneron, tous deux de la région.

Autour d’un verre de très bon Merlot-Syrah, nos conversations viennent relever la beauté de la région et son développement économique et écologique.

avant-tout-était-mieux, il nous explique avec exactitude comment certains de ces développements sont plutôt positifs ou négatifs.

Les fluctuations de populations pêchés ne permettent cependant pas de conclusion sur la santé du lac, qui elle s’est largement améliorée depuis qu’il a commencé. Les régulations et systèmes de traitement des eau sont un bel exemple de la réussite de la politique dans la région.

Cependant, les hivers de plus en plus doux, on aussi leur influence sur le lac. Normalement, en hiver les eaux plus froides de la surface, coulent, et viennent oxygéner le fond. Ce phénomène s’appelle aussi inversion thermique, ou brassage de fond, et s’explique par la différence de densité de l’eau froide. Pour les curieux qui ne souhaitent pas lire les livres un peu (trop) secs que j’ai du lire pendant mes études, voici une version ludique :http://www.elemo.ch/files/content/sites/elemo/files/fiches%20de%20classe%20NEW/BRASSAGE.pdf. S’il ne fait pas assez froid en hiver, ce brassage ne peut pas se faire et tout le cycle écologique s’en voit perturbé.

Donc la canicule c’est bien, mais les hivers doux, c’est moins bien. Difficile de dire comment le changement climatique impactera le rendement général de la pêche dans notre région.

Les explications de Pierre-Alain nous font finalement comprendre qu’il y a toujours d’importante fluctuations dans les arrivages de la pêche. Arrivages qui ne correspondent pas nécessairement à la demande. Surtout ces dernières années, plus personne ne veut manger le goujon, et il se trouve contraint à le donner à manger aux goélands. Quel dommage quand on pense, qu’à Lausanne, beaucoup d’étudiants ne mangent pas de poisson car c’est trop cher, et se laisseront probablement pas décourager par les multiples arrêtes, qui font de ce poisson succulent, un vrai met slow food. Dans sa petite boutique à la rue de … il vend surtout des perches et de la ferra, poissons bien connus et – donc – recherchés.

Malgré l’amour pour son métier et ce magnifique lac, Pierre-Alain n’a pas trouvée de successeur pour reprendre son entreprise maintenant que lui est à la retraite. Il me semble que c’est un problème récurrent, la mobilité de la main d’oeuvre ayant tellement augmenté. C’est rare qu’on trouve des personnes motivés à se poser plusieurs années au même endroit, à apprendre à connaitre les particularités des lieux, et à endosser les responsabilités découlant d’un tel métier. D’ailleurs le même phénomène est observé par les vignerons. Notre tablée aime bien les savoyards, qui nous comblent avec leur magnifique montagnes. Oh, comme j’aime cette vue !

Jadis, c’est de Savoie que venaient la main d’oeuvre pour faire les récoltes et vendanges. Aujourd’hui, les conditions économiques ont changés. Pour les français, d’autres métiers et activités sont plus lucratives, et c’est d’aussi loin que la pologne, que viennent les mains assidues qui récoltes les grappes en automne ici, après des mois de travail de récolte de baies en Pologne. Ce n’est d’ailleurs par pas rien que la Pologne s’est autant développé depuis que j’y était la dernière fois.

Tout comme le lac, les Lavaux ont donc beaucoup évolués. Tout en gardant ce qui les rend si spéciaux : Les 3 soleils. J’en avais jamais entendu parler, et j’étais aux anges de percer enfin le plus grand de mes mystères (œnologues) ! Le premier soleil c’est “XX”, tout simplement. Voici le petit nom donné au rayons les plus puissants, car directes, qui nous viennent directement de la grosse boule de feu, si, et seulement si, il fait beau.
Le deuxième soleil, c’est les rayons reflétés par le lac. Et oui, selon l’emplacement de la terrasse, ca peut faire une grande partie de l’apport. Puis il y a la chaleur reflété par les murs en pierre qui, après avoir emmagasiné les rayons infrarouges toute la journée, prolonge les températures douces, pour les heureuses vignes qui sont plantés à leur proximité. C’est comme ca que XX m’explique l’incroyable nez du vin rouge qu’il nous a servi. C’est la cave d’un ami, qu’il recommande volontiers. Lui même ne fait pas d’assemblage, mais ca ne l’empêche pas pour autant de savoir à quoi s’en tenir.

Quel beau moment, j’ai enfin compris pourquoi je n’aimais pas vraiment les vins blancs valaisans, il leur manque le deuxième soleil ! Mon lac bien aimé adoré se montre un aubaine une fois de plus. A la place de la pétanque, avec les enfants qui courent partout, et le lecteur cassette qui nous récite des rythmes camerounais à présent, la vie est belle. Vive la côte vaudoise, à deux pas de chez moi. Non seulement j’ai rattrapé mon bronzage en 2 jours, après 2 mois sous la pluie scandinave, mais j’ai surtout l’impression d’être en voyage de découverte perpétuelle depuis mon arrivée ici en 2004.
D’ailleurs il est temps de plier bagages, on a un BBQ qui nous attend à la plage !

 

Julia Beyer

Author Julia Beyer

Completely crazy about travelling, I'm into couchsurfing and every initiative that promotes exchange between us humains, beyond our differences :) I graduated in environmental Sciences, helped some companies improve their impact on this world, and now I'm all stoked to change the face of tourism.

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